ITV par Info Birmanie Mag

En octobre dernier, Info Birmanie a interviewé Jean Philippe Demont-Piérot pour son journal en ligne au sujet de son roman “Réchauffement Climatique ” A lire pour comprendre en quoi ce livre est la pierre angulaire de notre opération Birmanie : un Livre pour Vivre et qu’il est important qu’il soit commandé par ceux qui le peuvent pour financer nos actions. Pour nous rejoindre et/ou commander en ligne, cliquez sur la page de notre groupe Birmanie : un livre pour vivre…

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Info Birmanie : D’où vous vient cette passion pour la Birmanie, qu’on
perçoit à la lecture de votre ouvrage?

J.P.Demont-Pierot : J’ai vécu pendant près de dix ans en Asie du Sud-est
et je connais tous les pays de la région dont fait partie la Birmanie.
J’ai déjà écrit un roman publié chez l’Harmattan dont l’action se
situe au Cambodge et il m’est apparu nécessaire dans mon travail
de romancier de traiter par la fiction la situation faite au
peuple birman.

IB : L’écriture de ce roman procède-t-elle d’un choix militant ?

JPDP : Militant je ne sais pas, mais un choix nécessaire oui. Je suis
persuadé que la fiction permet d’aller au-delà des réalités virtuelles,
d’aller au plus profond du spectacle du monde offert par les médias.
Nous vivons des temps difficiles et mes personnages du fait de
ce qu’ils vivent, ce qu’ils éprouvent proposent des clés
de compréhension suscitant, peut-être, des prises de conscience.
De ce point de vue la vie to

ute entière de chaque être humain
est un acte de militantisme !

IB : Quelle est la visée de votre ouvrage ? Quels sont les principaux
messages que vous avez voulu faire passer ?

JPDP : Il n’y a pas de messages proprement dit et les lecteurs sont
suffisamment intelligents pour prendre ce qu’ils veulent de la lecture
d’un livre et surtout lorsqu’il s’agit d’un roman. C’est la vie
de mes personnages, des gens comme vous et moi, pris dans
leurs contradictions, leur lâcheté pour certains et je pense à
Nicolas Renan le personnage central du livre, leur détermination,
celle de Marie la journaliste d’investigation qui va au bout
de ses engagements, la vie des birmans et des Karens, la petite
prostituée Taya et son frère recherché par la police birmane et
donc tous deux réfugiés en Thaïlande… Mais aussi la vie et le
comportement des hommes de l’ombre de l’industrie pétrolière
que l’on voit dans les scènes se déroulant à Paris et à Genève.
Ce ne sont pas des messages mais l’expression du monde actuel.
Ces personnages sont porteurs de vérités universelles, les
épreuves, la rédemption et l’espérance.

IB : Réchauffement climatique est une charge directe vis-à-vis
de Total. Pouvez-vous éclairer nos lecteurs sur les sources
d’informations qui vous ont permis de documenter la présence
de Total et les méfaits sociaux et environnementaux
constatés lors de la construction du gazoduc ? Quelle est la
part de fiction, et la part de réalité dans ce qui est décrit ?

JPDP : Un roman n’est pas un procès et l’auteur que je suis n’est pas un
procureur apportant des charges visant à déterminer une culpabilité.
Mais mon roman expose des faits, c’est déjà pas mal !
Concernant Total et sa présence en Birmanie, c’est un choix
stratégique et économique de ses dirigeants en toute
connaissance de cause. Ce que je décris vis-à-vis de cette
compagnie n’est nullement fictionnel. Il y a des témoignages directs,
le travail des ONG, de la ligue des droits de l’homme. Ce sont
des fais avérés et des chiffres concrets, comme par exemple, le
montant annuel des versements faits à la junte, officiellement de
l’ordre de 300 millions de dollars, officieusement près du milliard.
Quand on sait que le budget annuel de l’armée birmane de
l’ordre de 700 millions de dollars, on ne se pose la question de
savoir qui la finance…

IB : Quel regard portez-vous sur les procès en France et en Belgique
contre Total ?

JPDP : Je connais bien la personne en France qui fut à l’origine des
procédures contre Total en France. Une femme qui est médecin,
courageuse et qui a été sur place recueillir des témoignages
pour le travail forcé, l’esclavagisme pour parler concrètement.
Pour éviter une condamnation, Total a sorti son chéquier et a
donné des dédommagements aux victimes. N’est-ce pas l’aveu
d’une culpabilité ?

IB : La Birmanie est aujourd’hui victime d’une politique d’exploitation
déraisonnée de ses ressources minérales, Nicolas
le héros de votre histoire, se rend d’ailleurs en Birmanie
pour enquêter sur la déforestation. Comptez-vous dénoncer
dans vos prochaines productions le problème du pillage du
teck, ou d’autres ressources naturelles comme le jade et le
rubis ?

JPDP : Je vais malheureusement quitter la Birmanie mais je ne serai pas
loin, au Vietnam avec l’agent orange… D’une certaine façon mon
prochain roman est donc encore sur une préoccupation écologique
puisqu’il s’intéressera à Monsanto, aux OGM, à l’agent orange mais
cette histoire ira bien au-delà, jusqu’à Auschwitz…

IB : Vous prônez sur votre blog une littérature de solidarité.
Pourriez-vous revenir sur ce concept ?

JPDP : Oui, littérature de solidarité… Comme le furent Germinal de
Zola, les Misérables de Victor Hugo et les Raisins de la colère
de Steinbeck. Là je parle en qualité de lecteur car ce serait
présomptueux de se hisser à ces géants de la littérature.
Je n’invente pas de concept nouveau car la littérature, selon moi,
a cette part de noblesse : lancer un cri d’amour pour les autres, ceux
qui souffrent, et donc de témoigner. (ITV octobre 2008)

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