Quand Sarkozy oublie ses propres déclarations

Il est aisé d’aller chercher la petite bête chez nos brillants hommes politiques qui donnent si souvent matière à la critique. Et quoi de mieux que des promesses non tenues, des déclarations péremptoires qui ne sont suivies pas rien pour permettre à des esprits aussi malicieux que les nôtres de se glisser dans la faille. Nicolas Sarkozy en homme des médias avait juré après le deuxième tour de l’élection présidentielle que son gouvernement ne comporterait pas plus de quinze ministres afin, affirmait-il alors, que la gestion du pays soit plus « efficace »(Canard enchaîné 19/08/09).

Nous sommes donc en droit de se demander ce qui a bien pu arriver à notre président qui a finalement choisi de nommer dix-huit ministres et vingt secrétaires d’Etat, soit vingt-trois de plus que l’annonce faite devant les caméras de TF1.

Espérons que le nombre soit finalement proportionnel à l’efficacité et non le contraire comme le prétendait Nicolas Sarkozy.

Quand le nouvel obs devient l’organe de communication de Sarkozy

Nouvel Obs journal de cour ?
Nouvel Obs journal de cour ?

Cela fait plusieurs mois que le ton avait passablement changé au Nouvel Obs, les critiques à l’encontre de Nicolas Sarkozy semblaient s’éteindre pour laisser la place à une sorte de panégyrique en règle de la part de Denis Olivennes, rédacteur en chef du journal. Les huit pages d’entretien consacrées au président de la République confirme les craintes de la plupart des journalistes devant cette tendance à la courtisanerie de l’hebdo. Pour satisfaire Nicolas Sarkozy, Denis Olivennes est même aller jusqu’à accepter de faire l’éloge de la beauté et de l’élégance de Carla Bruni dans trois longues pages.

Marianne revient sur ces épisodes peu glorieux pour le Nouvel Obs, journal qu’il va falloir éviter de peur d’y lire les mêmes articles que dans Paris Match.

Philippe Val commence par virer un journaliste

Il n’aura pas fallu longtemps pour que le nouvel homme fort de la communication de Nicolas Sarkozy fasse parler de lui. En effet, dès sa nomination Philippe Val a commencé par mettre au placard le journaliste Frédéric Pommier, chargé de la revue de presse à 8H30 sur France Inter. Le crime de ce dernier, avoir cité Siné Hebdo le grand ennemi du journal concurrent de Philippe Val. L’affaire est d’ailleurs racontée par une journaliste de la radio comme le rapporte Les Inrocks :

« Pommier voit débarquer au huitième étage de la rédaction Philippe Val, accompagné de Nicolas Demorand, qui fait les présentations. Val dit alors en s’adressant à Pommier : « Ah ben d’accord j’ai mis un visage sur le problème ».  Pommier demande quel est le problème, et Val lui répond : « Le problème c’est que j’entends beaucoup trop Siné Hebdo dans ta revue de presse ». Pommier répond qu’il a cité ce matin Siné Hebdo, parce qu’ils ont fait un truc avec Bakchich.info ». Là, Val enchaîne « Bakchich, cette bande de connards ». Pommier continue alors à se justifier, expliquant qu’il ne pense pas privilégier Siné Hebdo. Alors que Demorand a quitté le studio, Val continue la discussion avec Pommier, et termine en lui disant : « Ne t’inquiètes pas, j’ai identifié le problème ».

Connu pour sa rancune tenace et sa haine névrotique de tous ceux qui lui résistent, Val donne le ton de ce qui sera dès à présent son action au sein de la radio publique : une véritable chasse aux dissidents et aux derniers journalistes de gauche.

Philippe Val directeur de France Inter : le fait du prince !

france-inter

L’arrivée de Philippe Val à la direction de France Inter avait tout l’air d’un secret de polichinelle, mais il fallait laisser le public attendre, ou plus exactement oublier que désormais c’est Nicolas Sarkozy qui nomme ses adjudants dans les médias. La réalité est ainsi, Philippe Val a été choisi par Nicolas Sarkozy pour accomplir les basses besognes du chef de l’Etat : virer les derniers contestataires des antennes de radio du service public. Continue Reading »

Eric Woeth persiste dans sa casse de la fonction publique

Pourtant cités en exemple depuis la crise des Subprimes dans le monde entier, le système français et son modèle social sont sur le point de disparaître. Le Ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, persiste dans ses projets de supprimer le plus possible de fonctionnaires. En effet, il n’exclut plus d’aller « plus loin » que les 34.000 postes supprimés comme annoncé.

En 2008, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait déjà supprimé près de 28.000 temps pleins. Pour 2009, le gouvernement a prévu dans son budget de supprimer 30.627 postes de fonctionnaires d’Etat, et avance un objectif de 34.000 suppressions de postes pour 2010.

Il serait sans doute utile que notre ministre du Budget lise la presse anglaise pour découvrir pourquoi la France résiste mieux à la crise financière. Il découvrirait la nécessité de conserver des services publics capables de maintenir sur les rails tout un pays en proposant entre autres de soigner tous les Français. Le site Rue 89 revient sur un article paru dans The Economist qui démontre que le système français est désormais une source d’inspiration pour les États-Unis.

« Le rôle de l’Etat, le système de protection sociale français, et les résidus de « colbertisme » permettent aujourd’hui à la France de s’en tirer mieux que les autres pays industrialisés face à la récession. Jean-Baptiste Colbert règne de nouveau à Paris. Et, plutôt que de s’opposer au dirigisme, les Britanniques et les Américains s’emploient à l’imiter. » Le magazine analyse très bien le deuxième paradoxe de cette découverte : le fait que Nicolas Sarkozy en soit aujourd’hui l’incarnation, alors que, note The Economist, « il a été en partie élu Président de la France en expliquant que le modèle français était moribond, et en vantant les louanges des modèles britannique et américain. » C’est le même homme qui a pris la tête de la croisade contre « le laisser-faire capitaliste », souligne à juste titre le magazine.

Le retour du clivage droite gauche selon Sarkozy et le Figaro

Nicolas Sarkozy père protecteur d'une nation en crise

Nicolas Sarkozy père protecteur d’une nation en crise

D’après les dernières nouvelles, la gauche serait bien de retour et cette information est on ne peut plus sérieuse dans la mesure où elle émane directement du chef de l’Etat. En effet, le président de la République qui exige le consentement de tous les Français et de tous les partis politiques au nom de la lutte contre la crise s’émeut de concert avec le Figaro que le parti socialiste rechigne à grossir les rangs de ses partisans. D’après le président, le clivage entre la gauche et la droite se durcit. Martine Aubry a décidé de « cogner », « elle court après le NPA d’Olivier Besancenot », a-t-il indiqué.

Le Figaro surenchérit aux propos du chef de l’Etat en ajoutant cette parole d’un sondeur anonyme : « L’analyse de l’opinion est en tout cas sans ambiguïté : «Nous sommes revenus au clivage droite contre gauche que nous connaissions pendant la campagne», a analysé un sondeur devant le chef de l’État ».

L’injure est donc prononcée, le Parti Socialiste aurait renoué avec son passé marxiste, cette honteuse période où Jaurès défendait les mineurs de Carmaux au nom des valeurs de la République et de la lutte des classes. Si tant est que cette information se vérifie dans l’avenir, voilà qui a de quoi nous réjouir !

Le génie des sondages au temps du sarkozysme

Selon le CSA, 52% des Français n’ont pas trouvé Nicolas Sarkozy convaincant lors de son allocution télévisuelle contre 36%. La politique de Nicolas Sarkozy est jugée « incohérente» pour 51% des personnes interrogées, «pas juste» pour 56% et «pas efficace» pour 59%.  L’enquête a été réalisée par téléphone le 6 février auprès de 960 personnes âgées de 18 ans et plus, et publiée dans Le Parisien.

En revanche, pour l’institut OpinionWay qui officie pour le «Figaro» le sondage donne 53% des français satisfaits de l’intervention de Nicolas Sarkozy, et seuls 46% d’entre eux ne l’ont pas trouvé «convaincants». L’enquête a été réalisée en ligne les 5 et 6 février auprès d’un échantillon de 968 personnes âgées de 18 ans et plus.

De là à croire que les sondages ne sont que le reflet de ceux qui les commandent et entendent leur faire dire ce qu’ils souhaitent…loin de nous cette idée !